Vladimir Jankélévitch L’Imprescriptible.
Jeudi 19 juin 19h
Une foule se presse à l’Institut d’Etudes Politiques .
Des affiches çà et là : juste un visage clair sur fond noir .Un visage clair déjà vieillissant.Un sourire plutôt,peut-être même un rire.Les rides profondes du front et des yeux accentuent ce sourire .Epais sourcils gris en broussailles .Raie sur le côté ,mèche rebelle,évocant douceur et fermeté .
Affiche noire,visage de lumière : clarté, obscurité .
Tirer la pensée philosophique vers la lumière .Essayer d’y voir clair ,comme on dit .
Très émue , Véronique Egéa ,nouvellement élue Présidente du Centre Culturel Darius Milhaud ,déclare ouverte la sixième nuit de la philosohie .
Vladimir Jankélévitch.
«Y a-t-il des limites au pardon ?»
Et tout à coup tout se bouscule dans ma tête : l’inquisition ,les pogromes ,l’extermination des juifs ,la shoah ,mes ancêtres proches et lointains disparus dans les camps de la mort .Tout,tout se mélange .Et à ceux non juifs ou juifs qui osent dirent :»assez parlé de la shoah ,tournons la page !» je dis :»de quelle page parle-t-on»?
Cette page existe toujours .Qu’elle soit toujours présente ,justement ,permettant à travers elle d’aborder les problèmes actuels d’antisémitisme .
Le philosophe Roger Pol Droit nous éclaire sur la position de Vladimir Jankélévitch à propos du pardon .Dans un essai d’une centaine de pages « l’Impresciptible «(titre qui ébauche une réponse) Vladimir Jankélévitch expose de façon claire et convaincante son point de vue sur le pardon .
Je ne vous ferai pas l’affront de vous résumer ce livre ,mais je vous engage à lire cet essai .Je vous y engage de tout mon être .
Permettez-moi juste ces quelques réflexions tirées de cet essai:
Le pardon est mort dans les camps .
Il n’y a pas de petit pardon
u tout ou rien.
Limite entre le juridique et l’éthique.
Imprescriptible et impardonnable ne sont pas sur le même registre :un crime prescrit ne veut pas dire pardonné .
Sans mémoire il n’y a rien à pardonner.
Le pardon est un acte grave .Ne pas faire fi de la souffrance .
Le projet nazi était d’irradiquer un peuple,de lui ôter tout droit d’existence .
Et puis ,enfin ,a -t-on le droit de pardonner pour les autres ? Non et non!
A ce propos de nombreux juifs, dont mes parents , n’ont pas voulu percevoir les compensations des allemands pour leur famille .Elles ont été versées à Israël .
L’Imprescriptible
Vladimir Jankélévitch
Pardonner?
Dans l’honneur et la dignité.
Essais
Points
Sarah Chaouat Majer (juillet 2008)



